
La colère des pêcheurs est plus que légitime !
Le problème de la pêche est connu et pourtant, il aura fallu qu'explose la colère des marins pêcheurs pour que la question de leur survie soit posée.
Pour eux la formule qui s'impose c'est : travailler plus pour gagner moins. Le gaz oil, c'est 35 à 50% du chiffre d'affaire, au détriment des payes, de l'entretien des navires, de la sécurité des marins.
La Commission Européenne hostile aux subventions directes prouve une fois de plus que la régulation par la loi du marché ça ne marche pas !
Face à la hausse du carburant, il faut une intervention de l'Etat, sinon c'est la filière pêche tout entière qui est condamnée à disparaître complètement de nos côtes.
Il s'agit d'une part de limiter la casse sociale pour ceux et celles qui survivent encore du travail en mer, mais aussi de défendre les intérêts du consommateur pour ce qui est de la qualité et du prix du poisson.
Pour la LCR, cette intervention de l'État ne doit en aucun cas être le prétexte pour le lancement d'une TVA prétendument sociale, ni l'occasion d'un coût supplémentaire pour la sécu par des dégrèvements de cotisations.
Ce sont au contraire les méga profits de la rente pétrolière qui doivent être mis à contribution pour permettre aux marins de vivre dignement de leur dur métier.
Il faut aussi que s'engage le débat sur l'organisation de la filière de vente, il n'est plus possible que le kilo de poisson vendu un euro à la débarque, se retrouve proposé au consommateur 7 fois plus cher !
Face à cette colère plus que légitime, Nicolas Sarkozy s'est senti obligé de venir en Bretagne pour éteindre le feu, quitte à court-circuiter Barnier, son ministre de la pêche.
Il veut empêcher toute jonction de ce mouvement de fond avec celui reconductible des transports et de l'énergie.
La France sans trains et ... sans voitures à cause de dépôts d'essence bloqués, c'est un air de mai 68 inimaginable pour lui !
Au Guilvinec, Le Président de la République a été reçu sous les huées et les insultes. Il ne propose que ses recettes libérales : de nouvelles exonération de cotisations patronales ou bien la répercussion du prix du carburant sur celui du poisson, c'est à dire sur les consommateurs. Une fois de plus, au-delà des grandes phrases et des déplacements médiatiques, il se positionne du côté des riches et des puissants.
En épargnant les raffineurs et les spéculateurs pétroliers, il n'est pas sûr que ces mesures fassent retomber la colère des marins pêcheurs.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire